Afrique du sud-Zimbabwe : une immunité diplomatique en catimini

231

Le Zimbabwe et l’Afrique du sud ont frôlé un incident diplomatique à ciel ouvert si Grace Mugabe n’avait pas été exfiltrée dans l’ombre, loin des regards indiscrets, de la même manière que Omar El Béchir, en 2016. Cette fois, c’était un peu plus sérieux que la fois précédente.

De chaque côté, l’on a poussé le pion jusqu’à immobiliser l’avion de l’autre. Même si on ne dit pas qui a pris en premier la décision de prendre en otage l’avion de l’autre, il nous semble, on peut se tromper, que le Zimbabwe avait plus de raison de le faire avant. La preuve, Mugabe était venu pour un sommet de la SADEC, il n’a pas assisté à la clôture, ce qui rend la question plus imbriquée pour poser une foule de folles questions :

D’abord, Robert Mugabe risquait-il d’être pris en otage pour rançon éventuelle au cas où sa douce moitié Grace avait été exfiltrée sans lui ? Personne ne prendra cette hypothèse au sérieux, mais alors, pourquoi est-il parti en catimini, pour ne pas être l’objet d’une polarisation médiatique ou des regards désobligeants de ses pairs ? Ce n’est pas fini. Si tous les aéroports étaient sous étroite surveillance, comment le couple n’a pu être évacué que via un aéroport militaire, à moins que le vieux ne se fût déguisé enturbanné dans un grand boubou et la jeune femme couverte de la tête au pied d’une burqa pour passer les portiques d’un aéroport civile, comme le Duc de Buckingham et la Duchesse de Chevreuse pour passer incognito…

 Quoi qu’il en soit, le geste inconsidéré de la première Dame du Zimbabwe n’a pas dit son dernier mot.  Non seulement les relations bilatérales entre les deux pays vont prendre un sacré coup de froid, mais encore  à l’interne, chaque côté aura à régler cet incident de diverses façons.

A ce sujet, on ne sait pas comment le linge sale sera lavé au sein du couple Mugabe, mais au sein du gouvernement sud-africain, il y aura des remue-ménages, surtout que l’opposition et la justice ne laisseront pas l’aubaine passer comme si de rien n’était.

En attendant, le ministre des Affaires Etrangères doit se préparer à répondre à des questions gênantes et embarrassantes. Sera-t-il le « fusible parfait » qui sautera pour éviter le court-circuit jusqu’à  Jacob Zama ?

Enfin, le mannequin qui a le front collé, quel sera son sort dans cette affaire ?

Toutes ces questions restent dans l’air.

 

Source : guineenews.org

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here