Angola : pourquoi le MPLA tient-il toujours la route?

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On dit que la famille de  José Edouardo Dos Santos détient tous les leviers de l’économie de son pays  depuis 38 ans, que la corruption, le chômage et la paupérisation sont galopantes à cause de la chute du prix du pétrole, mais face à l’UNITA de Jonas Savimbi, le principal challenger et l’éternel rival, le MPLA, son parti, tient toujours la route.

Cela s’expliquerait par le fait que la guerre de libération nationale a été très meurtrière sous le couvert de la guerre froide dans laquelle Américains et Soviétiques s’affrontaient par pays satellites interposés et le nom de l’UNITA rappelle de sombres et macabres souvenirs ravivés et les survivances bien entretenues par l’idéologie pour encore quelques temps.

L’évocation du simple nom  MPLA suscite l’espoir et celui de l’UNITA, l’angoisse et ça compte. Ce que Kagamé représente pour les Rwandais, Dos Santos le représente pour les Angolais pour cette fois, encore. Cela pourra continuer aussi longtemps en Angola qu’au Rwanda, la question peut se poser pour les raisons évoquées plus haut, sur la situation économique du pays.

Le Marxisme-léninisme est-il mort en Angola, on ne le croit pas puisqu’il est en train de renaître de ses cendres un peu partout, et si, par-dessus le plancher, l’ethnocentrisme est exacerbé, le statu quo risque de durer.

 Le score de 64% est déjà un signe de l’effritement dans les rangs du MPLA.

Joao Lorenço dont on dit qu’il n’est pas fiable à 100% n’a dû sa désignation comme candidat que par défaut, puisqu’on dit qu’il a été déjà disgracié, vient d’enregistrer un score pas très reluisant. Si on ne se trompe pas, c’est le score le plus faible du MPLA qui a l’habitude des scores plus élevés.

Dos Santos aurait fait mieux ou moins, on ne le saura peut-être jamais. Mais si lui, qui est mieux portant que Muhammad Buhari a préféré se retirer de l’avant-scène, cela est quelque peu curieux. On se demande si ce n’est pas pour avoir un « fondé de pouvoir » auquel dicter toutes les décisions, puisque Joao Lorenço semble avoir pieds et poings liés par les textes du parti et les consignes qui ont prévalu lors de sa désignation comme héritier.

Il y a trop d’intérêts en jeu et si le pouvoir angolais tombait entre les mains de l’UNITA, il n’est pas exclu qu’une vérification de biens soit déclenchée.

Ceux qui misent sur un éventuel retournement du nouveau président peuvent toujours fumer. Lorenço sait que l’on l’a à l’œil  comme du lait sur le feu. Il faudrait même craindre qu’il tienne le pays d’une main plus ferme que le partant qui ne part pas jusqu’en 2018, voire au-delà.

L’erreur politique de l’UNITA est d’avoir conservé son nom d’une renommée qui rappelle et ravive un passé douloureux.

Le MPLA est toujours là

 

Source : guineenews.org

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