Budget électoral, alternance, FAD : Les vérités d’Aboubacar Sylla

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Le président du parti l’UFC, Aboubacar Sylla, a accordé un entretien à nos confrères de Lynx.fm la semaine dernière. Lors de cet échange avec nos confrères, le porte-parole de l’opposition républicaine a largement évoqué la situation socio-économique et politique du pays. Selon lui, elle s’aggrave de jour en jour à cause de la malgouvernance. M. Sylla est aussi  largement revenu sur la loi de finance rectificative en proie à des avatars à l’assemblée nationale. L’opposant souhaite aussi voir la cour constitutionnelle guinéenne s’inspirer de celle du Kenya, après l’annulation du vote, au cas où on était confronté à des manquements dans la bonne tenue du vote. Lisez ce décryptage de votre semainier.

Comment se porte la Guinée ?

La Guinée se porte mal. Nous avons des échéances électorales qui ne sont pas tenues. Nous avons l’insécurité qui bat son plein.  Aujourd’hui, nous avons le chômage qui se généralise, la misère, la pauvreté,  la précarité sont de mises dans tout le pays.

Vous avez le détournement et la corruption qui ont pris une ampleur inégalée en République de Guinée. Tout ceci conduit à l’image d’un pays où il ne fait pas bon vivre, l’image d’un pays qui ne peut pas attirer des investisseurs quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, à l’image d’un pays où il fait très mal de vivre. Je crois que les Guinéens sont conscients de ces réalités.

Ils sont aussi conscients que tous ceux-ci n’est pas une fatalité. C’est tout simplement le fruit de la mal gouvernance. Et que, c’est parce que les Guinéens ont des mauvais dirigeants qui n’ont pas les soucis de ce pays, qui n’ont pas les compétences nécessaires que cette misère se perpétue.

Je crois que les Guinéens doivent comprendre qu’il faut qu’ils se lèvent à travers nos manifestations, à travers aussi les votes qu’ils exprimeront lors des élections pour que cette donne-là change parce que c’est possible.

Pour qu’il y ait vote, il faudrait que ces élections se tiennent à date. Depuis des lustres,  nous n’avons pas de communales. Et ce n’est pas évident qu’elles se tiennent d’ici fin  2017.

Absolument ! Je suis tout à fait d’accord avec vous  parce que tout est fait pour que les élections locales ne se tiennent pas avant les élections législatives. Tout est fait pour que les locales soient couplées aux législatives par ce pouvoir qui veut continuer à s’appuyer sur les chefs de quartiers, sur les chefs de districts qui ont été nommés au lieu d’être élus pour pouvoir organiser la fraude que nous vivons toujours à l’occasion des élections nationales dans notre pays.

Tout est fait. Il y a un statuquo total jusqu’aux prochaines élections législatives parce que ce pouvoir est conscient de son impopularité aujourd’hui. Il est conscient que les Guinéens ne peuvent pas le soutenir parce qu’il est incapable de faire face à la satisfaction de leurs besoins.

Ils sont donc sûrs que toute élection qui  se déroulait dans les conditions de transparence requise aboutirait à un fiasco total pour eux. Donc, ils font tout éviter que les élections locales ne se tiennent ou au moins soient couplées avec ces élections législatives de manière à utiliser de savoir-faire en matière de fraude électorale. Les chefs de quartiers et de districts qui sont nommés depuis près de 7ans maintenant qui n’ont pas leurs mandats renouvelés, qui sont là et qui parlent au nom des citoyens qui agissent également à leurs noms en toute illégalité.

quoiqu’il arrive, il  y aura des élections qu’elles soient locales ou nationales

Vu ce contexte que vous avez soulevez, est-ce que  c’était opportun de créer un Front  pour l’alternance démocratique qui est une alliance électorale ?

Absolument ! Parce que quoiqu’il arrive, il  y aura des élections qu’elles soient locales ou nationales. Nous avons déjà commencé à affûter nos armes. Nous mutualisons toutes nous  forces.  Nous mettons ensemble nos forces pour maximiser nos chances et d’engranger des suffrages de manière à avoir des sièges. Que ce soit dans les quartiers ou dans les districts, au niveau des communes, au niveau du parlement en 2018. Lorsque ces élections seront organisées. Une alliance électorale, c’est de bonne guerre, ce sont des partis politiques qui décident d’uniformiser leurs stratégies électorales, d’uniformiser leurs campagnes.  Ça donne finalement plus de résultats. Personne ne s’est trompé puisque nous, nous avons une alliance, le FAD, entre trois partis de l’opposition républicaine mais il y a également une alliance entre UFDG et l’UDG qui n’étaient même pas d’ailleurs de l’opposition.

Il y a également une alliance au sein de l’opposition républicaine entre le parti de M. Papa Koly et le parti de M. Makanéra. Donc, les alliances électorales sont de bonne guerre. Elles ne sont pas du tout incompatibles  avec l’appartenance à  une opposition républicaine, qui n’est qu’une forme de parti, qui n’est qu’une plateforme. On débat du développement économique, social et politique de ce pays sans que cela n’empêche aucun des membres de tisser des alliances électorales ailleurs puisque l’opposition républicaine n’est pas une alliance électorale.

Justement qu’est-ce qu’il faut pour que tous ceux qui gravitent autour de cette opposition républicaine soient d’ici 2020 dans une forte alliance électorale pour imposer l’alternance?

Nous avons initié un processus de regroupement,  de rassemblement de l’opposition républicaine pour la rendre plus unie. Nous allons nous retrouver très bientôt, élaborer des thèmes de références pour qu’il y ait une grande rencontre. On ne va pas les appeler peut être état-major, mais en tout cas ce sera une grande rencontre entre tous les partis de l’opposition pour que nous définissions une plateforme commune, à partir de laquelle on pourrait nouer des relations. Pour que ces relations puissent nous permettre d’être plus proches les uns des autres, d’avoir des objectifs communs et des stratégies communes pour pouvoir contrer ce pouvoir qui manifestement en tout cas selon toutes les prémices que nous voyons aujourd’hui voudrait se succéder à lui-même en 2020.

Aujourd’hui en Afrique, il y a une grande partie des opposants qui jubilent parce que la cour constitutionnelle au Kenya a annulé l’élection présidentielle. Comment vous vous sentez face à une situation en Guinée ?

C’est une surprise agréable que tous les opposants africains ont salué. Ils ont même demandé à ce que les autres institutions constitutionnelles de leur pays et de tous les pays africains s’en inspirent, et conquièrent leur indépendance et leur autonomie par rapport au pouvoir exécutif en place.

Nous espérons que la cour constitutionnelle de notre pays va également s’en inspirer. Et se rendre compte qu’au-delà parfois de la volonté de se soumettre aux injonctions de l’exécutif, il y a des défis plus importants. Il y a des enjeux autrement plus élevés qui doivent les interpeller et qu’elles doivent faire en sorte qu’elles disent toujours le droit et que la vérité des urnes ne soit plus détournée. Que les suffrages que les Guinéens souverainement expriment en vers de tel leader politique en faveur de tel parti, en faveur de telle liste, que ces suffrages soient respectés et qu’ils soient centralisés de manière à ce que ce soit toujours la volonté du peuple qui s’exprime.

Nous n’avons jamais quitté l’opposition républicaine

Votre retour au sein de cette opposition républicaine après que vous étiez parti à un moment pour des raisons qui vous sont certainement valables, et aujourd’hui l’opinion se demande comment s’est arrangé ce retour à la maison ?

Je crois que retour n’est pas le terme juste. Nous n’avons jamais quitté l’opposition républicaine. Nous avons tout simplement trois partis politiques membres de cette opposition républicaine créé une alliance électorale, qu’on appelle FAD (Front pour l’alternance démocratique). Nous avons estimé que compte tenu du fait qu’avec l’UFDG, il n’était pas possible d’envisager au premier tour des alliances à l’occasion des prochaines élections, qu’il fallait maximiser nos chances de gagner des sièges au niveau des communes, au niveau des quartiers et districts en allant groupés, en allant unis dès le premier tour. C’est pour cette raison que l’UFC, NFD, et le RDIG ont décidé de créer cette alliance.

Il ne s’agit pas de départ de l’opposition et nous avons dit très tôt dans notre déclaration même de la création de cette alliance que nous restions et nous demeurions membres à part entière de l’opposition républicaine.

Maintenant, il y a eu des divergences sur les manifestations. Certains ont estimé qu’il fallait y aller maintenant. Nous, nous avons estimé qu’il fallait y aller plutôt et qu’au moment où on a décidé d’aller aux manifestations, les conditions avaient changé. Il fallait plutôt continuer à mettre la pression autour de la table du dialogue. Ceci dit, c’est un vieux débat. Nous avons tourné cette page comme  vous l’avez dit. Nous avons lavé le linge sale en famille, et nous avons réussi à récoler vraiment tous les morceaux et assurer la cohésion.

Il faut une opposition forte, une opposition déterminée, une opposition qui a les moyens de ses ambitions, et de ses revendications

Quels sont ces morceaux qui ont été récolés 

C’est justement les divergences par rapport à l’opportunité à un moment précis d’aller à des manifestations de rues, pendant que nous étions autour de la table de dialogue. C’est la seule divergence que nous avons eue qui était autour de cette question. Maintenant que la marche du 02 août s’est déroulée, elle est donc derrière nous,  non seulement nous avons décidé de renforcer notre présence autour de cette entité, mais aussi nous avons décidé aussi de battre le rappel de toutes les troupes et de mener des démarches pour que les partis politiques qui avaient quitté cette opposition, ils sont nombreux, reviennent.

De toute façon, on discute, on réfléchit sur la construction d’une nouvelle opposition qui peut être plus cohérente, plus forte parce que les luttes à  amener seront certainement des luttes sans merci, face à ce pouvoir qui décide à se succéder à lui-même en 2020. Il faut une opposition forte, une opposition déterminée, une opposition qui a les moyens de ses ambitions, et de ses revendications.

Mais est-ce que ça n’a pas créé de divergences internes au niveau du FAD parce qu’on dit que certains de vos membres n’ont pas du tout apprécié votre retour si on peut l’appeler comme ça.

Pour retour, il faut avoir quitté. Nous n’avons jamais quitté l’opposition républicaine, je défie quiconque…

Mais à un certain moment, vos idées étaient diamétralement opposées à celle de l’opposition république?

Pas du tout ! Nos idées étaient opposées sur la manifestation du 02 août. Nous n’avons pas dit que l’accord a été appliqué mais qu’il y a eu des avancées. C’est évident, le code électoral a connu une avancée. Vous avez le problème des indemnisations,  des listes ont été déposées. Vous avez la participation de la CENI qui maintenant débouche sur un avant-projet de chronogramme des élections locales qui va être porté au comité de suivi et des différents acteurs politiques et civils qui sont concernés par ces élections.

Vous avez l’audit du fichier sur lequel le cahier de charges est déjà prêt. Et les procédures de lancement d’appel d’offre sont en cours entre la CENI et la direction nationale de marchés publics et le ministère des finances. On ne peut pas dire que c’est rien. Mais, on n’a pas atteint les objectifs visés mais nous avons dit nous qu’à partir du moment où il y a eu des avancées par rapport à la période où nous souhaitions marcher, tout est relatif.

Nous avons voulu qu’il y ait une marche, qu’il y ait des manifestations  lorsque tout était bloqué. Le code électoral était en perdition, on ne savait s’il était à Sékhoutouya où au Conseil constitutionnel. La CENI refusait purement et simplement de participer aux travaux du comité de suivi, on n’avait donc aucune visibilité et sur le calendrier électoral et sur l’audit du fichier.

Ensuite les problèmes des indemnisations étaient encore restés à un niveau virtuel. Aujourd’hui, il y a eu quelques avancées même si on n’a pas atteint les objectifs visés, même si ça fait bientôt une année  qu’on a signé cet accord parce qu’on oublie qu’un mois après, on sera à une année de la signature, et on ne voit pas cet accord encore  mis en œuvre.

Nous sommes tous d’accord qu’il y a un retard volontairement entretenu par une absence réelle de volonté politique, par une intention de mettre en œuvre des manœuvres dilatoires de manière à retarder, et peut être même à ne pas exécuter certaines dispositions de cet accord. Mais, nous avons dit du point A au point C, on est passé par le point B. Il y a eu une petite avancée.

l’opposition républicaine en Guinée n’a pas le monopole de l’opposition

Par rapport au Bloc Libéral où en êtes-vous sur les démarches ?

Encore une fois, l’opposition républicaine en Guinée n’a pas le monopole de l’opposition. Il faut aussi le savoir. Nous avons décidé, nous partis de l’opposition républicaine, de nous fédérer, de rester ensemble, de maximiser de cette façon les actes que nous allons poser, dans leurs effets parce que nous sommes plus forts quand on est plus unis. Mais il y a d’autres partis politiques qui sont régulièrement de l’opposition, et qui ne font pas partie de cette opposition républicaine. C’est le cas du PEDN, il y a aussi le Bloc Libéral qui semble avoir pris ses distances depuis l’affaire du point deux de l’accord.

Nous l’avons demandé de revenir au sein de l’opposition républicaine pour participer au débat sur la recomposition ou la reconstruction ou la relance de l’opposition mais le Bloc Libéral a initié une série de démarches pour pouvoir justement réconcilier les uns et les autres.

Il a rencontré le chef de file. Il a rencontré le FAD et il a rencontré également le PEDN. Et je crois que le Bloc Libéral est dans une démarche aussi d’union, la même démarche qui est entamée au niveau de l’opposition républicaine. Cela veut dire à ce niveau, il faudrait qu’on harmonise tout ça et qu’il n’y ait pas des démarches parallèles qui pourraient davantage compliquer la situation. Je pense que nous allons certainement de contact en contact, arriver à uniformiser ce mouvement que ce soit une démarche commune à mener en direction de tous ceux qui se réclament de l’opposition pour qu’on soit plus unis et plus forts par rapport au défi, le défi de 2020, le défi de l’alternance démocratique. C’est un défi qui dépasse nos égos, qui dépasse nos intérêts partisans, et qui nous interpelle tous dans ce que nous avons le plus patriotique, de plus consciencieux et de plus responsable pour la réussite de ce pays.

dès la rentrée de 2018, qu’on puisse avoir une nouvelle CENI

Une session extraordinaire portant sur la loi de finances rectificatives est en cours. Qu’est-ce qu’elle peut changer sur le plan économique et les députés du groupe parlementaire libéraux démocrates ne sont pas  d’accord avec le chronogramme de cette session pourquoi ?

Je dois dire la loi de finance rectificative  est tout à fait normale lorsque la loi de finance initiale est votée. Et généralement en décembre pour l’exercice suivant, c’est normal qu’à mi-parcours qu’on se rende compte que les prévisions tant en recettes qu’en dépenses ne se réalisent pas concrètement et que de cette façon, on retourne je veux parler du gouvernement qu’on retourne devant le parlement qui est la représentation  nationale pour demander notre autorisation de prélever des taxes et des impôts, et d’exécuter des dépenses pour essayer de mettre en harmonie.

La loi de finance rectificative, c’est ce qui se passe normalement, bien que l’année dernière cela n’a pas eu lieu et nous avons déploré. Cette année heureusement, c’est cette démarche qui est retenue. Je dois dire que nous ne sommes pas d’accord sur le chronogramme parce que nous aurions aimé que ce chronogramme intègre l’examen de la loi sur la réforme de la CENI. C’est ça  la première chose.

La deuxième chose ; nous ne sommes pas d’accord sur cette loi de finances rectificative parce qu’elle entérine le report des élections, au-delà de l’année 2017. Parce que le budget qui est prévu au niveau de cette loi de finances rectificative qui est allouée à la CENI,  qui est chargée d’organiser ces élections normalement cette année. Ce budget est exactement 5 milliards de francs guinéens.

Alors que le budget des élections proposé par la CENI et déposé au niveau de l’assemblée nationale est de 336 milliards de Francs guinées. Il y a un gap de 201 milliards. Donc c’est important que la loi des finances rectificatives ne dote la CENI  que 1/3 de ses besoins en matière d’organisation. C’est une façon de rejeter par des moyens détournés, en se basant simplement sur l’insuffisance des ressources financières, pour reporter les élections locales en 2018 voire en 2019, et ça, nous ne sommes pas d’accord.

C’est pour ça que nous nous opposons à cette loi rectificative, parce que nous aurons aimé qu’on saisisse l’occasion pour éventuellement reformer la CENI. Même si la CENI actuelle peut organiser les élections, et pour que dès la rentrée de 2018, qu’on puisse avoir une nouvelle CENI qui puisse s’atteler à la perfection des élections législatives pour 2018, qui devrait se tenir aux alentours de septembre jusqu’en octobre.

Nous avons estimé que ces questions devraient être prises en compte. En dehors d’autres sujets qui sont liés effectivement aux allocations de différents secteurs.

Est-ce que le financement extérieur ne pourrait pas aider à l’organisation des communales si on a 150 milliards, peut être les 200 autres on pourrait les obtenir par les financements extérieurs ?

Peut-être, mais il faut normalement élaborer les requêtes  de transmettre. Il faut  qu’au niveau des institutions qui sont concernées, vous savez l’élaboration de la requête, son étude. La réponse de cette institution, ça prend du temps. Or, nous n’avons pas le temps aujourd’hui. Et il ne faut pas aussi oublier que le budget, il intègre les financements extérieurs. On peut mettre un montant dans le budget, on dit qu’il est financé en partie par le Budget national de développement (BND), par le financement extérieur. Mais il se trouve que cette dotation ou cette éventualité n’est pas prévue dans cette loi de finance, et elle va être adoptée dans les 48 heures.

Vu que vous ne pouvez pas changer le budget à l’assemblée, ça veut dire que nous n’aurons pas les élections communales en 2017 ?

En tout cas, il y a un fort risque que par manque de financement bien que les conditions techniques soient réunies, qu’on ne puisse pas les organiser cette année.

Et quelle conséquence pour l’opposition ?

C’est extrêmement grave parce que l’opposition aurait là la preuve formelle que ce pouvoir ne veut pas qu’on mette en place des exécutifs locaux qui soient issus des suffrages exprimés par les populations au nom desquels il s’exprime, au nom desquels il agit.

Cela voudrait dire tout simplement qu’on décide de violer non seulement  les lois et la constitution, mais aussi on décide de passer outre des dispositions de l’accord du 12 octobre 2016.

Donc l’opposition serait parfaitement dans ses droits en manifestant de la façon la plus énergique, pour que le pouvoir revienne à la raison.

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo (Le Démocrate) 

 

 

Source : guinee7.com

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