Grève des enseignants : quand les responsables des écoles affectées boudent la presse

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Les cours ont été quasiment paralysés dans les écoles de la haute banlieue de Conakry ce lundi 12 février. Curieusement, l’appel du syndicaliste Aboubacar Soumah n’a aucunement affecté les cours au Lycée  El hadj Aboubacar Biro Diallo de Sangoyah, a-t-on constaté sur place.

D’après Facinet Camara, Censeur chargé des 11ème années du Lycée El hadj Aboubacar Biro Diallo, sur un effectif 1250 élèves, 844 ont répondu présents. Côté enseignants, M. Camara nous a confiés que tous les 13 enseignants programmés pour la paire 8H-10 heures, étaient présents.

«Le matin, les élèves et les enseignants ont massivement répondu présents. Sur 1 250 élèves inscrits, 844 ont répondu présents.  Tous les 13 enseignants programmés pour la première paire, 8heures à 10h, étaient présents. L’encadrement était aussi présent en grand nombre. D’ailleurs, le Lycée Biro a toujours gardé sa sérénité même quand il y a grève», a-t-il expliqué.

Grève des enseignants : quand les responsables des écoles affectées boudent la presseAlors que les cours ont été perturbés dans plusieurs les écoles, M. Camara prenant l’exemple sur son école, parle d’un «manque de commandement». «Notre secret, c’est le commandement. Le commandement doit avoir une méthode de sensibilisation à tout moment. Nous avons notre Proviseur en la personne de M. Alhassane Bérété, il sensibilise tous les jours ses élèves et enseignants au tour du mat. C’est de la sensibilisation que tirons notre force. Quand l’élève est sensibilisé, il suit à la lettre ses encadreurs. Comment un encadreur qui vient en retard peut sensibiliser ses élèves ? Chaque matin, notre Proviseur donne les infirmations aux élèves et aux enseignants sur l’évolution des choses», a-t-il fait savoir.

Aux Lycée Bonfi,  1er mars, aux Collèges Yaguine et Fodé de Yimbaya, Bonfi 2, Almamy Samory Touré de Sangoyah, les cours ont été fortement paralysés par ce débrayage appelé par le SLECG, version Aboubacar Soumah malgré la forte présence des agents de maintien d’ordre aux alentour des établissements scolaires.

Grève des enseignants : quand les responsables des écoles affectées boudent la presseDans ces différentes concessions scolaires où il n’y a pas eu cours, les responsables n’ont jamais accepté de se prêter aux questions des journalistes par peur des représailles de la hiérarchie.

«Nous avons rien à vous dire. Vous avez vu qu’il n’y a pas d’élèves et moins encore les enseignants. Je n’ai rien à vous dire, c’est ce qui est arrivé à notre collègue dès qu’il a parlé à la presse, il a été aussitôt démis de ses fonctions alors qu’il n’a dit que la vérité», nous a furtivement lancé un chef d’établissement.

Grève des enseignants : quand les responsables des écoles affectées boudent la presseInterrogé, Lansana Camara, le Principal du Collègue 2 de Bonfi, a déploré l’absence massive des élèves avant d’appeler les parents d’élèves à laisser les enfants venir étudier.

«Les élèves étaient venus le matin, certains étaient en civile et d’autres jetaient des coups d’œil sur l’école. Tout cela parce qu’il y a eu un appel de Soumah dans la presse demandant aux parents d’élèves de retenir les enfants à la maison. Sinon, toutes les dispositions étaient prises pour que les cours se déroulent normalement même en cas d’absence des enseignants», a-t-il expliqué.

Selon le principal Lansana Camara,  il était prévu que les élèves doués donnent les cours à leurs collègues. «C’était une programmation qu’on avait faite. Malheureusement avec l’appel des autres, nous pensons que les parents d’élèves ont eu peur. Pour autant, les professeurs y étaient présents. Nous demandons les parents d’élèves de laisser les enfants venir à l’école », a-t-il déclaré.

 Pour terminer, M. Camara a rappelé que tout était mis en place pour éviter les perturbations dans son établissement. Mais hélas !

«Les responsables des coordinations des différentes écoles ont tellement collaboré entre eux… Les élèves de Saifoualye Diallo à Gbessia étaient là, ils étaient venus sensibiliser leurs camarades pour dire qu’ils ne veulent de pagailles, qu’ils ne veulent pas perdre l’année et qu’ils ne veulent plus aussi entendre que ce sont des élèves du Collège 2 Bonfi qui sont allés sortir ceux de Saifoulaye ou encore, ceux de Saifoulaye Diallo qui sont venus sortir leurs collègues du Collège 2 Bonfi», a-t-il fait remarquer.

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Source : guineenews.org

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