La mise en place du cabinet du chef de file de l’opposition: un ‘’non-événement’’, estime le PDEN

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«La démocratie guinéenne a un cancer», dixit François Bourouno

La face du cabinet du Chef de file de l’opposition vient d’être dévoilée à l’opinion publique nationale et internationale. Des compagnons traditionnels de lutte comme l’UFR de Sidya Touré, le Bloc Libéral de Faya Millimono et le PEDN de Lansana Kouyaté n’y ont pas de représentants alors que Papa Koly Kourouma de GRUP et Alhoussény Makanéra Kaké y figurent en bonne place.

Pour nous au PEDN, cette composition du cabinet du chef de file de l’opposition est un non-évènement. Et pour asseoir son argumentaire sur une base plus ou moins solide, le parti de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, par la voix de son chargé de la communication tente tout d’abord de relater l’historique de la position du PEDN.

«Lorsque la loi sur le statut du chef de file de l’opposition a été initiée à l’Assemblée nationale, nous avons estimé que ce n’était pas opportun et que c’était un signe d’une démocratie malade. C’est-à-dire, partout où la démocratie se porte bien, on n’a pas besoin de loi pour instituer le chef de file de l’opposition », explique l’opposant François Faya Bourouno.

« En France, qui est un modèle de démocratie de référence pour nous, il n’y a jamais eu un statut de chef de file de l’opposition. Aux Etats-Unis, la même chose, ainsi que dans beaucoup d’autres pays », égrène-t-il à titre d’exemples.

D’un œil d’observateur averti, notre interlocuteur rappelle que partout où le statut de chef de file de l’opposition a été institué, il y a une histoire, mais une mauvaise histoire.

«Donc, instituer cette loi ici, cela veut dire que la démocratie guinéenne a un cancer. Et c’est pourquoi il faut qu’on sorte de là. C’est un non-évènement à partir du moment où c’est un poste vraiment inopportun. De toutes les façons, quand on a la majorité des députés de l’opposition à l’Assemblée, on devient de facto chef de file de l’opposition. On n’a pas besoin d’une loi ou d’un cabinet pour cela. Le PEDN n’a donc pas besoin d’être consulté. Et notre point de vue est qu’on ne peut pas faire de commentaires à partir du moment où c’est un non-sens », conclut-il.

Au lendemain de la visite de François Hollande en Guinée en 2015, Alpha Condé a pris le décret reconnaissant à la figure de proue de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo le chef de file de l’opposition. Il a fallu deux ans pour assister à l’ameublement du cabinet de cette institution.

 

Source : guineenews.org

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