Vive tension à Touba : le préfet de Gaoual accusé d’agression et d’intimidation

191

Initialement prévu aujourd’hui, 12 janvier 2018, le Fidaou de Touba n’a finalement pas eu lieu ce vendredi. La cause ? Les autorités guinéennes auraient décidé d’annuler l’événement religieux, en raison notamment d’une division des fils de la sous-préfecture autour de l’organisation du Fidaou. Mais, s’ils disent s’être pliés malgré eux à cette décision des autorités, certains habitants de Touba accusent le préfet de Gaoual d’avoir déployé des gendarmes sur place pour les agresser et les intimider.

Le Fidaou de Touba est un événement religieux qui réunit chaque année, les habitants et les ressortissants de la sous-préfecture de Gaoual avec plusieurs autres leaders religieux venant de toutes les régions de la Guinée et d’autres pays de la sous-région. Cela, pour faire des prières et implorer Dieu pour qu’il repende sa grâce sur les fils de la localité et de la Guinée en général. Mais cette, année, la cérémonie a été interdite par les autorités religieuses du pays, en raison de la division des habitants de Touba en deux factions rivales autour de l’organisation de l’événement. Et des habitants de la commune rurale accusent le préfet de Gaoual, de se servir de cette décision pour les intimider et les priver de leur liberté.

« Hier nuit, le préfet a envoyé des gendarmes pour venir agresser les gens ici, ils ont ordonné la fermeture de tous les commerces et ont procédé à des rafles pour arrêter toute personne qu’ils rencontrent dans la rue à 22 heures. Ils ont arrêté des gens on ne sait pas pourquoi. Certains ont voulu répliquer mais on leur a dit de se calmer pour ne pas qu’on dise encore que des habitants de Touba ont agressé des gendarmes », a confié à Guineematin.com monsieur Sankoun Diaby, habitant de Touba ce vendredi matin.

A en croire monsieur Diaby, cette « descente musclée » des gendarmes à Touba n’avait même pas sa raison d’être ; car, les habitants de la sous-préfecture ont accepté de se plier à la décision des autorités. « Tout le monde ici est au courant que le Fidaou de Touba qui était prévu pour se tenir le 12 janvier 2018 a été reporté jusqu’à nouvel ordre, tout le monde est au courant de ça ici et on ne s’oppose pas à cette décision des autorités religieuses. Il n’y a eu donc aucun mouvement lié au Fidaou ici. Mais certains ressortissants de Touba étaient déjà venus, ils ont décidé de faire au moins le pèlerinage et on ne peut pas empêcher ça au moins. Tout le monde était chez lui tranquillement, il n’y avait aucun mouvement. Mais il faut dire que nous les habitants de Touba, nous subissons systématiquement l’intimidation du préfet de Gaoual en complicité avec le secrétariat général des affaires religieuses », a-t-il ajouté.

Selon Sankoun Diaby, les gendarmes ont passé la nuit dans la localité de Touba et sont toujours postés sur place. Il pense qu’ils attendent la fin de la prière de vendredi pour disperser les fidèles. « Peut-être qu’ils attendent que la prière de vendredi se termine pour venir disperser les gens. Mais je vais vous dire, nous n’allons pas accepter cela. Nous avons accepté ce qu’ils ont fait hier, nous ne l’accepterons pas pour une deuxième fois. S’ils se hasardent à tabasser un seul vieux là-bas, peut-être que nous allons tous mourir parce que nous allons répliquer. Et quoi qu’il adviendra à ce moment, le préfet de Gaoual et le secrétaire général des affaires religieuses en seront les responsables », a prévenu notre interlocuteur.

De son côté, le préfet de Gaoual, également joint au téléphone par Guineematin.com ce vendredi, a nié la version de ces citoyens de Touba. Souleymane Sow a reconnu que des gendarmes sont allés dans la localité ; mais, il précise qu’il ne s’agit nullement pour brutaliser ou intimider les citoyens. « Vraiment, vous m’emmerdez pour rien, vous savez qu’on a interdit le Fidaou d’aujourd’hui ; donc, il va de soi qu’on va déployer des gens sur le terrain. Mais, dire qu’on a déployé des gens pour les brutaliser, c’est faux. C’est plutôt une Jeep qui était de passage, des jeunes ont jeté des pierres sur eux ; donc, il y va de soi qu’ils vont les rechercher. Et, on a pu savoir les deux familles d’où les pierres sont venues ; et puis, ils sont convoqués ce matin. Je vais là-bas, ils vont répondre devant moi. L’Etat a dit qu’il n’y a pas de Fidaou, il n’y a pas de Fidaou mon frère, c’est tout ! Je suis un commis de l’Etat et j’applique à la lettre ce qu’on m’a dit d’appliquer », a expliqué au téléphone de Guineematin.com le préfet de Gaoual.

Pour l’heure en tout cas, la tension est vive à Touba, reste à savoir si la visite du préfet de Gaoual, accusé d’être à l’origine de cette situation dans la localité, permettra de ramener les uns et les autres à de meilleurs sentiments ou le contraire.

Alpha Fafaya Diallo pour Guinematin.com

Tél. : 628124362

 

Source : guineematin.com

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here